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Rémunération7 min de lecture

Rémunération ou dividendes en SASU : comment arbitrer en 2026

Une fois en société à l’impôt sur les sociétés — SASU ou EURL — le dirigeant peut se rémunérer de deux façons : par une rémunération, ou par des dividendes. Les deux sont taxés différemment, et le bon dosage entre les deux dépend de plusieurs paramètres. Voici comment poser l’arbitrage en 2026.

Deux façons de sortir la trésorerie de la société

En SASU ou en EURL à l’IS, le bénéfice de la société est d’abord taxé à l’impôt sur les sociétés (IS) : 15% jusqu’à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), puis 25% au-delà. Le dirigeant peut ensuite se rémunérer par une rémunération (versée avant IS, déductible du bénéfice imposable) ou par des dividendes (versés après IS, sur le bénéfice net, taxés à la flat tax de 31,4%). Le choix entre les deux — ou leur combinaison — détermine le montant net qui atterrit dans votre poche.

La rémunération : déductible mais chargée socialement

La rémunération versée au dirigeant réduit le bénéfice imposable à l’IS, ce qui diminue l’impôt de la société. En contrepartie, elle est soumise à des charges sociales, dont le niveau dépend du statut : un président de SASU est assimilé salarié, avec des charges sociales globalement élevées ; un gérant d’EURL est travailleur non salarié (TNS), avec des charges sociales généralement plus légères pour un même niveau de rémunération brute.

Les dividendes : la flat tax de 31,4%, après IS

Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice après IS, puis taxés à la flat tax (PFU) de 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu + 18,6% de prélèvements sociaux). Pour une SASU, les dividendes versés au président échappent à toute charge sociale supplémentaire au-delà de ce taux. Pour une EURL à l’IS, la nuance est différente : pour un gérant-majoritaire, la part des dividendes qui dépasse 10% du capital social est également soumise à des cotisations sociales TNS, en plus du PFU — ce qui peut alourdir sensiblement le coût des dividendes dans cette configuration précise.

Comment arbitrer entre les deux

Il n’existe pas de réponse unique : le dosage optimal dépend du niveau de charges sociales de votre statut (SASU vs EURL), de votre tranche marginale d’impôt sur le revenu, du niveau de bénéfice de la société (pour profiter du taux d’IS réduit à 15%), et de vos besoins de couverture sociale (la rémunération ouvre des droits — retraite, chômage pour un président assimilé salarié — que les dividendes n’ouvrent pas). En pratique, beaucoup de dirigeants combinent une rémunération modérée, suffisante pour une couverture sociale correcte, avec des dividendes pour le reste.

Questions fréquentes

SASU ou EURL : laquelle a les charges sociales les plus faibles sur la rémunération ?
En général, un gérant d’EURL (TNS) supporte des charges sociales plus légères qu’un président de SASU (assimilé salarié) pour un même niveau de rémunération brute, mais la couverture sociale du TNS est aussi moins complète.
Les dividendes échappent-ils toujours aux cotisations sociales ?
Pas systématiquement. En SASU, oui, au-delà du PFU. En EURL à l’IS avec un gérant-majoritaire, la part des dividendes dépassant 10% du capital social reste soumise aux cotisations sociales TNS.
Pourquoi ne pas simplement tout distribuer en dividendes ?
Parce que la rémunération ouvre des droits sociaux (retraite, parfois chômage) que les dividendes n’ouvrent pas, et parce que le dosage entre les deux dépend aussi du niveau de bénéfice imposable à l’IS et de votre tranche marginale d’impôt sur le revenu.
Le taux réduit d’IS à 15% influence-t-il l’arbitrage ?
Oui : en gardant le bénéfice imposable sous le seuil de 42 500 € grâce à une rémunération bien dosée, la société profite du taux réduit d’IS de 15% au lieu de 25%, ce qui augmente le bénéfice net disponible pour les dividendes.

Cet article est une information générale pour une société unipersonnelle (SASU/EURL ou micro-entreprise), pas un conseil fiscal. Les règles et chiffres changent — confirmez votre situation avec votre comptable avant d’agir.

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